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Le body positive ou cette injonction de s’aimer

19 juillet 2019

Aujourd’hui, je viens vous parler d’un sujet qui me fait beaucoup réfléchir, d’un sujet qu’on ne peut pas louper ces derniers temps, le body positive. Quand on cherche sa définition on trouve entre autre celle-ci : « Le body positive est un mouvement social en faveur de l’acceptation et de l’appréciation de tous les types de corps humains. Il encourage la diversité et l’estime de soi »

Pourquoi aujourd’hui je voulais vous en parler, rajouter de l’eau au moulin. Parce que comme souvent lorsqu’un sujet fait parler je suis très souvent à contre-courant. Les modes, les tendances, les thèmes de société, je les prends différemment et ce depuis toujours. Par exemple pour le cas du body positive, je suis mitigée quand on l’évoque car j’ai l’impression qu’il provoque une certaine dictature de l’acceptation de soi, comme s’il fallait s’aimer à tout prix.

Alors, qu’on ne se méprenne pas, s’aimer et s’accepter tel que nous sommes est quelque chose de très important et surtout positif et pour soi-même et pour notre famille, amis… ainsi qu’apprécier des morphologies différentes.

Je reste cependant très sceptique avec les phénomènes de ce genre en général même s’ils partent de bonnes intentions, la vie n’est pas linéaire. Les diktats quel qu’ils soient je m’en méfie, j’en parlais déjà dans cet article. La performance, la recherche du bonheur à tout prix, l’acceptation de soi, il y a dans tous ces mouvements une forme d’extrémisme qui me met mal à l’aise. Ce mouvement au départ plein de bons sentiments en devient une forme d’exigence menée au départ par une personne lambda puis repris par des personnes influentes qui n’auront au final que la volonté de faire choux gras. Il faut faire le tri et rester en adéquation avec soi-même.

Pour ma part, je suis complètement lucide sur mes atouts et mes défauts et ce depuis toujours. Peut-être est-ce le fait que j’ai vu toute mon enfance et ma vie d’adulte ma maman faire des régimes sans réel besoin (de mon point de vue je précise) et ne pas s’aimer quand même. Je me suis toujours refusée à me voir avec le regard qu’elle se porte. Je n’aime pas tout chez moi, je ne suis pas certaine de vouloir exhiber fièrement mes imperfections physiques, la preuve j’essaie régulièrement des traitements cellulite disponibles en ligne, la dernière en date (et plutôt satisfaisante en passant) est celle de Garancia 🙂 mais je n’ai pas de problème avec non plus : j’ai appris à faire avec. J’étais d’ailleurs complètement d’accord avec les propos de Pauline Privez qui en parlait dans un Podcast et était mitigée sur ce phénomène de body positive. Elle parlait de cette sorte d’injonction à s’accepter et d’en venir à faire semblant d’aimer ses bourrelés.
Alors tant mieux si on est heureux de son corps et de son physique et qu’on souhaite l’exhiber mais il est aussi possible de ne pas l’aimer totalement, d’avoir conscience de ce qui ne nous plaît pas (même si évidemment on a nos propres critères de beauté pour le moins très propres à nous-mêmes), de ne pas en être particulièrement fière et d’arriver à avancer sans en être impactée moralement. Je dirais que l’important c’est de ne pas placer le physique comme critère primordial de séduction (de soi ou des autres) : la personnalité et la finesse d’esprit sont pour moi tellement plus importants.

Mais pour en revenir au physique, j’avoue aimer admirer des corps dits « parfaits » car c’est pour moi soit une prouesse de la nature ou un témoin de l’effort effectué pour l’avoir sculpté ainsi. Par exemple, je suis vraiment admirative de Laury Thillman, je trouve son corps vraiment joli et parfaitement musclé mais j’arrive à faire la part des choses et de me dire que ce sont des heures de travail, une alimentation très équilibrée et qu’elle a sans doute déjà une jolie morphologie au départ. Je ne suis en aucun cas envieuse, par contre je la trouve très inspirante. Et d’ailleurs, et là je vais m’attirer les foudres, même si j’apprécie de voir de la diversité dans les physiques toutes corpulences confondues, je ne serais pas particulièrement satisfaite de ne voir que des corps « réels » (attention, là aussi c’est très subjectif) dans les magazines ou les eshop. : J’ai besoin de rêver ou tout du moins de m’aider à me motiver. J’ai conscience des possibles retouches, des éventuelles mises en scène ou du culte du beau sur Instagram et ailleurs. Et j’aime ça, pas que ça attention mais dans mes abonnés il y a de jolies filles aux corps parfaits qui usent des filtres. Pour moi cela ne me pose pas vraiment de problème : je sais différencier la réalité et l’image fantasmée sur Instagram.

Je me demande en fait si parfois les gens ne cherchent pas à se sentir rassurés ou vont permettre de déculpabiliser en se comparant aux autres corps dits normaux. Comme à l’époque ou quand on montrer son intérieur clean en photo ça posait problème. Ce n’était pas la vie de tous les jours, il faut savoir prendre du recule.

Pour moi, le tout est d’avoir conscience de cet esthétisme parfait et d’avancer dans la vie, d’accorder de l’importance à ce physique sans en faire une priorité. Vivre en équilibre entre idéal, prise de conscience, réalité et phénomène de société plus ou moins temporel ! Cohabiter avec tout ça en évitant de placer le corps au centre de tout, de surtout le respecter et sans la pression de devoir l’aimer à tout prix

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4 Comments

  • Reply Laura VGP 19 juillet 2019 at 9 h 57 min

    Je ne dirais qu’une chose : PUTAIN DE JUSTESSE !
    Oui et en plus je suis vulgaire car le putain chez moi est une forme d’affirmation pour dire que OUI je suis d’accord !
    BREF !
    Billet très bien écrit, je trouve ça top et je rejoins presque tout ce que tu dis 🙂 mais je ne suis pas en désaccord avec l’autre partie du presque 😉

    • Reply Coralie 19 juillet 2019 at 11 h 06 min

      Merci Laura pour ton enthousiasme ! ♥ Ça fait vraiment plaisir de te lire

  • Reply Latelierdamandine 21 juillet 2019 at 8 h 09 min

    Encore un super article ! Je comprends ton point de vue mais je pense que malheureusement beaucoup reste influençable et influencé par ce que véhiculent les médias et le mal-être qu’ils génèrent, et en ça le body positive trouve peut-être sa place, pour montrer que la différence existe
    Beau dimanche Coralie

  • Reply Kelly 25 juillet 2019 at 17 h 52 min

    Super article qui m’a permis de prendre du recul et fait réfléchir, j’adore .
    Je trouve que l’initiative du mouvement body positive est très intéressante surtout pour les personnes qui ont tendance à se comparer beaucoup et ont (ou ont eu) des TCA (ce qui est mon cas :). Ça permet de remettre les choses à leur place, de rappeler que les corps sont si différents les uns des autres (même si on le sait, on l’oublie quand on regarde les photos) et que finalement les corps dit parfaits sont une vision très subjective de notre société actuelle européenne (dans d’autres pays ce n’est pas le même idéal par exemple). Ça permet aussi de rappeler que la santé mentale n’est pas à mettre de côté, elle ne passe pas non plus après, elle est tout aussi importante que la santé physique. Et parfois, inviter quelqu’un à suivre les règles d’hygiène de vie (ici je parle d’alimentation + sport par exemple) alors que cette personne a un mauvais rapport au corps de base, c’est un peu prendre le problème à l’envers et ça peut créer de la frustration qui peut créer des troubles ou les aggraver. Je dirais qu’il faut peut-être travailler sur son rapport au corps en premier et ensuite l’inviter à suivre une meilleure hygiène de vie.
    MAIS je suis assez d’accord que parfois c’est aussi se conforter et se trouver des excuses pour ne pas prendre les choses en main et améliorer sa santé physique (parce qu’à mon sens au delà du beau, le corps dit parfait se rapproche aussi souvent d’un bien-être physique). Et, je trouve qu’on parle beaucoup des corps gros mais pas du tout des corps maigre. Pourtant, certaines personnes ne se sentent pas bien dans leur corps car ils se trouvent trop maigres. C’est pareil.
    Finalement, on prend ce qu’on a prendre, et le reste on laisse. L’idée c’est d’arriver à prendre du recul pour savoir ce que ça nous fait à nous.
    L’important pour moi, c’est d’être connecté à son corps, d’être dedans, de le ressentir. Lui seul sait mieux que quiconque, que toutes les injonctions, que tous les standars, que tous les professionnels, ce qui est mieux pour lui. C’est, à mon sens, la base de ne pas être dissocié de son corps, c’est notre maison. Et c’est de là que le reste suivra : s’accepter, s’écouter, suivre sa propre hygiène de vie, manger ce qui nous conviens à nous, faire le sport qui nous convient (même si parfois, être initié à avoir ces bases ça peut aider dans le cheminement :).
    Oula j’ai écrit un gros pavé !
    En tout cas, merci pour cet article, j’ai beaucoup aimé le lire. J’espère que min commentaire est clair et qu’il en ressort bienveillant car c’est vraiment l’intention que j’y ai mis.
    Je te souhaite une très belle soirée Coralie

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